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Cameroun : une taxe numérique de 3 % pour encadrer les plateformes étrangères

janvier 12, 2026

Résumé

Yaoundé élargit le champ fiscal aux services en ligne transfrontaliers, dont les opérateurs de jeux d’argent offshore, afin de capter une partie des revenus engrangés localement.

Détails

Contexte

Le Cameroun a récemment instauré une taxe numérique de 3 % sur les plateformes étrangères opérant sur son marché sans présence physique. Cette mesure vise les entreprises numériques qui proposent des services à des utilisateurs résidents au Cameroun. Ainsi, elle concerne notamment les plateformes de e-commerce, de streaming et les opérateurs de jeux d’argent en ligne basés à l’étranger.

Un marché qui échappait largement à l’impôt

Pendant plusieurs années, l’absence d’établissement local rendait difficile la taxation de ces services transfrontaliers.

De plus, les autorités fiscales estiment que des montants significatifs circulaient sans être déclarés, ce qui limitait la traduction de ces revenus dans les recettes publiques.

Les jeux d’argent offshore dans le viseur

Au-delà des grandes plateformes numériques mondiales, la mesure cible explicitement les opérateurs de paris et de jeux d’argent en ligne offshore. Ces acteurs sont très présents sur le marché camerounais, cependant, ils opèrent sans licence locale et sans structure déclarée. L’objectif est donc de formaliser une activité en croissance et de réduire les fuites fiscales.

Alignement avec les tendances africaines et internationales

Le Cameroun rejoint un mouvement continental visant à mieux contrôler la fiscalité des services numériques étrangers. En effet, le Kenya, le Nigeria, le Ghana et l’Afrique du Sud ont déjà introduit des mécanismes similaires. Par ailleurs, ces réformes s’inspirent des débats internationaux sur la taxation des géants du numérique. La captation des revenus issus des jeux d’argent en ligne est désormais un volet central de ces politiques.

Enjeux économiques et souveraineté fiscale

Pour l’État camerounais, la taxe représente un outil pour renforcer sa souveraineté budgétaire. Elle permet de maîtriser les flux numériques présents sur son territoire, d’encadrer des secteurs en forte croissance, et, en outre, de limiter la concurrence fiscale entre juridictions. Cependant, l’efficacité de l’application reste à confirmer, car la taxation d’entreprises étrangères sans présence locale reste complexe.