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Côte d’Ivoire : le nouveau fonds souverain FSD-CI sous surveillance réglementaire

avril 20, 2026

Résumé

La Côte d’Ivoire a annoncé la création d’un fonds souverain chargé de la gestion des actifs publics et du financement de projets stratégiques. Ce nouvel instrument, officialisé en avril 2026, marque une évolution importante dans la gouvernance économique du pays et ouvre des enjeux de conformité, de transparence et de régulation financière.

Détails

Le gouvernement ivoirien a adopté, en Conseil des ministres, une ordonnance portant création du Fonds souverain stratégique pour le développement de la Côte d’Ivoire (FSD-CI), accompagnée d’un projet de loi de ratification et d’un décret d’organisation.

Le fonds est conçu comme un véhicule chargé de centraliser, gérer et valoriser certains actifs de l’État. Il doit également intervenir dans le financement de projets structurants, notamment dans les infrastructures.

L’architecture du dispositif repose sur trois compartiments distincts :

un fonds dédié aux infrastructures, orienté vers les investissements productifs
un fonds de stabilisation, destiné à absorber les chocs économiques
un fonds de placement stratégique, visant la constitution d’une épargne publique de long terme

Le financement du FSD-CI reposera en partie sur les revenus issus des ressources naturelles ainsi que sur le transfert d’actifs publics. Ce mécanisme implique des arbitrages techniques importants, notamment en matière de valorisation des actifs et de gouvernance financière.

Sur le plan opérationnel, les autorités annoncent la mise en place de dispositifs de contrôle interne, de gestion des risques et de transparence. Toutefois, les modalités précises — notamment en matière de reporting, d’audit externe ou de publication des performances — ne sont pas encore détaillées publiquement.

La phase actuelle correspond donc à une mise en place institutionnelle. Les prochaines étapes devraient concerner la nomination des organes de gouvernance, la définition de la stratégie d’investissement et la publication des textes d’application.

Contexte

La création du FSD-CI s’inscrit dans une dynamique plus large observée en Afrique, où plusieurs États renforcent leurs outils de gestion des ressources publiques à travers des fonds souverains.

Des pays comme le Nigeria ou le Sénégal ont déjà mis en place des structures comparables, combinant objectifs de stabilisation macroéconomique, financement du développement et constitution d’actifs à long terme.

Parallèlement, les standards internationaux — notamment les principes de gouvernance des fonds souverains — imposent des exigences croissantes en matière de transparence, de gestion des risques et de reddition de comptes.

Dans l’espace UEMOA, cette évolution s’inscrit aussi dans un cadre réglementaire régional où les flux financiers, les investissements extérieurs et certaines opérations de marché restent encadrés.

Au-delà de la politique économique, l’enjeu est également financier. Ces fonds peuvent progressivement devenir des acteurs majeurs dans le financement des économies locales, y compris dans les infrastructures numériques et les écosystèmes d’innovation.

Pour la Côte d’Ivoire, la création du FSD-CI constitue donc une étape structurante. Elle traduit une volonté de moderniser la gestion des actifs publics, tout en posant de nouvelles questions de gouvernance.

Une question reste ouverte :
ce fonds souverain deviendra-t-il un instrument réellement transparent et structurant pour l’économie… ou un outil financier dont les règles d’allocation resteront largement opaques ?