La South African Bookmakers’ Association (SABA) a réagi aux premières propositions du National Treasury visant à instaurer une taxe nationale de 20 % sur les paris en ligne et le gambling interactif. Le document de travail publié par les autorités sud-africaines ouvre une nouvelle bataille autour de la fiscalité du secteur des jeux, déjà marqué par de fortes tensions entre régulateurs, provinces et opérateurs privés.
Une taxe nationale qui bouleverse l’équilibre actuel
Le National Treasury justifie cette nouvelle taxe par la nécessité d’harmoniser un marché en pleine expansion, réduire les risques liés au jeu problématique et renforcer les recettes fiscales.
Mais pour SABA, cette approche risque de bouleverser un écosystème déjà complexe, où les provinces conservent jusqu’ici une large autonomie dans l’octroi des licences, la taxation et la surveillance du secteur.
Dans sa première réaction, l’association note que l’introduction d’un prélèvement national unique soulève des questions fondamentales sur la duplication des taxes, la cohérence réglementaire et les impacts sur la viabilité économique des opérateurs légaux.
Les premières réserves des opérateurs
SABA indique qu’une analyse complète sera fournie lors du processus officiel de consultation. Mais elle estime nécessaire de partager immédiatement plusieurs préoccupations.
Selon l’association, une taxe uniforme de 20 % pourrait étouffer les opérateurs déjà soumis à un environnement fiscal lourd, notamment dans les provinces où les taxes régionales sont élevées. SABA craint également que cette nouvelle charge n’encourage une migration massive des joueurs vers des plateformes illégales, souvent basées à l’étranger, moins taxées et difficilement contrôlables.
Autre enjeu : l’absence de clarté sur la manière dont la taxe sera appliquée. Le document de travail ne précise pas si le prélèvement viserait les mises, les revenus bruts de jeu ou les frais d’interaction numérique, trois approches qui auraient des impacts économiques très différents.
Un risque pour les recettes fiscales elles-mêmes
De manière paradoxale, SABA avertit que la mise en place d’une taxe nationale trop lourde pourrait réduire les recettes fiscales globales. Si les opérateurs légaux se retirent ou réduisent leurs activités, ou si les consommateurs migrent vers des sites offshore illégaux, les autorités pourraient récolter moins d’impôts qu’aujourd’hui.
Ce débat n’est pas nouveau : plusieurs pays africains et européens ont déjà observé que des niveaux de taxation excessifs poussent une partie du marché dans l’informel, ce qui fragilise à la fois la régulation et les initiatives de jeu responsable.
Un secteur stratégique sous pression
L’industrie sud-africaine du betting en ligne est l’une des plus structurées du continent, représentant des milliers d’emplois directs et indirects. Toute mesure fiscale doit donc trouver un équilibre entre protection des joueurs, stabilité financière des opérateurs et lutte contre le marché noir.
Pour le moment, SABA appelle au dialogue et promet de remettre une analyse complète dans le cadre du processus de consultation lancé par le National Treasury.
Mais son message préliminaire est clair : une taxe mal calibrée pourrait fragiliser tout un secteur, au moment même où la digitalisation accélère et où les risques liés au jeu illégal se multiplient.