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Kenya VASP 2025 : régulation crypto et stablecoins en Afrique de l’Est

janvier 19, 2026

Résumé

Le Kenya s’est doté d’un cadre légal complet pour les crypto-actifs, stablecoins, actifs tokenisés et services associés avec la promulgation du Virtual Asset Service Providers (VASP) Act, 2025. Entrée en vigueur le 4 novembre 2025, la loi vise à clarifier un secteur en forte croissance, sécuriser les flux, établir des obligations prudentielles et mieux intégrer les crypto-entreprises dans l’économie numérique nationale.

Détails

Contexte institutionnel de la régulation crypto au Kenya

Le Kenya VASP 2025 marque une étape majeure dans la régulation des crypto-actifs, des stablecoins et des actifs tokenisés en Afrique de l’Est. Avec cette loi, Nairobi clarifie enfin le statut juridique des prestataires crypto et cherche à structurer un marché en forte croissance.

Avant cette réforme, le marché kényan fonctionnait dans un vide réglementaire : il n’existait ni statut légal clair pour les crypto-actifs, ni cadre fiscal stable, ni régime prudentiel adapté. Les autorités financières et the Central Bank of Kenya adoptaient une position de prudence tandis que l’écosystème crypto se développait rapidement, porté par l’usage massif du mobile, par M-Pesa et par l’adoption retail.

Le Kenya et la mise en place du VASP 2025

Le VASP Act 2025 introduit une définition légale des actifs numériques (cryptomonnaies, stablecoins et tokens), crée un régime de licences pour les prestataires, impose des obligations de conformité (KYC/AML), établit un dispositif de supervision et introduit un reporting prudentiel inspiré des standards internationaux. L’objectif est d’encadrer un marché jusqu’ici informel sans étouffer l’innovation qui s’y est développée.

Un repositionnement stratégique

Avec cette loi, Nairobi cherche à intégrer les crypto-actifs dans l’économie numérique nationale, à sécuriser les flux transfrontaliers, à attirer les prestataires respectant les standards internationaux, à mieux encadrer l’usage des stablecoins dans le commerce digitalisé et à soutenir les initiatives de tokenisation d’actifs réels (immobilier, matières premières, titres financiers). Cette démarche confirme la volonté du gouvernement kényan d’ancrer les innovations financières dans un cadre durable.

Convergence internationale

Le texte s’inscrit dans une tendance mondiale d’alignement sur les recommandations du FATF concernant les actifs numériques. Il se rapproche également des cadres émergents au Nigeria, en Afrique du Sud et à Maurice, tout en dialoguant implicitement avec les standards européens (MiCA) sur les stablecoins et la tokenisation. Le Kenya devient ainsi l’un des premiers pays d’Afrique subsaharienne à produire un texte cohérent couvrant à la fois les prestataires, la compliance, la fiscalité et la supervision.

Enjeux macro-financiers et souveraineté

Au-delà de la compliance, le VASP Act répond à des enjeux macro-financiers. Il vise à réduire l’informalité d’un marché estimé à plusieurs milliards de dollars, à capturer une partie de la fiscalité associée aux flux crypto-économiques, à encadrer les stablecoins utilisés dans les paiements transfrontaliers, à prévenir l’arbitrage réglementaire régional et à consolider la souveraineté monétaire dans un environnement où la numérisation rebat les cartes.

Un signal régional dans la bataille de la régulation crypto africaine

Le Kenya rejoint un mouvement de structuration réglementaire engagé en Afrique orientale et australe, où la bataille se joue désormais sur l’attractivité réglementaire, l’accès au capital et le contrôle des infrastructures financières numériques. Cette réforme intervient dans un contexte où l’Afrique devient un terrain de compétition stratégique entre acteurs publics, fintech, opérateurs de mobile money et plateformes internationales.

Lecture stratégique

Avec le VASP Act, le Kenya confirme que l’intégration des crypto-actifs dans les politiques publiques africaines n’est pas motivée par une adhésion idéologique à l’univers crypto, mais par des impératifs fiscaux, prudentiels, géo-économiques et de souveraineté. La prochaine étape consistera à articuler ce nouveau cadre avec la politique monétaire, notamment autour des stablecoins indexés au dollar, des corridors de remittances et de l’interopérabilité avec les infrastructures locales (mobile money, fintech, banques).