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Fiscalité paris en ligne Afrique de l’Ouest : quel tour de vis fiscal ?

La fiscalité paris en ligne Afrique de l’Ouest connaît une dynamique de durcissement depuis 2024. Plusieurs États de la région ajustent leurs cadres pour capter davantage de revenus issus des jeux d’argent et des paris sportifs. Cette tendance s’observe notamment au Nigeria, au Ghana, en Côte d’Ivoire et au Sénégal, où les niveaux et types de taxes diffèrent substantiellement.

Nigeria : retenue à la source et taxation du secteur

Au Nigeria, l’un des marchés les plus importants de la région, les autorités ont introduit une retenue fiscale de 5 % sur les gains des joueurs et une taxe de 15 % pour les non-résidents, prélèvements effectués à la source avant versement des gains. Cette mesure s’inscrit dans un effort plus large de collecte directe des recettes liées aux activités de jeux d’argent. Parallèlement, les opérateurs sont soumis aux taux généraux de l’impôt sur les sociétés, qui peuvent atteindre 30 % selon la loi fiscale nationale.

Cette approche vise à augmenter la visibilité fiscale des paris en ligne tout en simplifiant la collecte, car l’imposition s’effectue directement au point de paiement. Pour les acteurs établis localement ou opérant à l’échelle transfrontalière, ce modèle crée des obligations de conformité renforcées.

Ghana : un régime en mutation

La fiscalité des jeux au Ghana a également évolué ces dernières années. Le secteur est supervisé par la Gaming Commission et, historiquement, une taxe de 20 % sur le produit brut des jeux (Gross Gaming Revenue – GGR) a été appliquée aux paris sportifs, jeux de hasard et autres activités de chance. Par ailleurs, une retenue de 10 % sur les gains des joueurs avait été introduite, mais elle a été abolie en avril 2025 après une révision du cadre fiscal.

L’exemple ghanéen illustre la complexité de la taxation dans un marché en pleine structuration : les autorités cherchent à trouver un équilibre entre recettes fiscales, attractivité des opérateurs et maintien de l’engagement des parieurs.

Côte d’Ivoire : un cadre en maturation

En Côte d’Ivoire, bien que le marché des jeux et des paris en ligne soit en croissance, la taxation spécifique sectorielle est moins transparente que dans d’autres juridictions. La législation sur le jeu présente des obligations de déclaration et d’impôt sur le revenu pour les opérateurs, ainsi que des prélèvements pour les non-résidents, mais il n’existe pas de taux de retenue sur les gains explicitement dédiés aux paris en ligne.

Dans ce pays, la régulation et la taxation sont principalement structurées autour de la concession et de l’autorisation des opérateurs, avec des obligations de conformité et des taxes générales sur les bénéfices. Ce modèle reflète une approche plus traditionnelle de la fiscalité, alignée sur les cadres existants pour les entreprises et les industries numériques.

Sénégal : un tournant fiscal majeur

Le Sénégal a récemment mis en place une taxe de 20 % sur les gains des joueurs, applicable aux paris et aux jeux d’argent, y compris sur les plateformes en ligne à partir de la mi-novembre 2025. Cette mesure s’inscrit dans la loi n°17/2025 et a été introduite dans le cadre du plan économique du gouvernement, visant à renforcer les recettes publiques et à structurer le secteur.

La même réforme inclut parfois des taxes supplémentaires sur les revenus des opérateurs, ce qui porte le niveau global de pression fiscale vers des degrés rarement observés dans la région. Cette politique suscite des débats, certains acteurs économiques estimant que des taux aussi élevés pourraient décourager la participation et favoriser le marché non réglementé.

Quels effets pour les marchés et les parieurs ?

La montée des taxes sur les paris en ligne présente des effets économiques et comportementaux. D’un côté, les recettes fiscales supplémentaires permettent de soutenir les budgets publics et d’appuyer des programmes sociaux ou des infrastructures. De l’autre, des niveaux trop élevés peuvent réduire les volumes de paris légaux, encourager le jeu non régulé ou déstabiliser des opérateurs fragiles.

Un équilibre reste à trouver entre l’attractivité d’un marché et la capacité de l’État à capter les revenus générés par le numérique sans décourager la participation.

Vers une harmonisation en Afrique de l’Ouest ?

Avec des cadres fiscaux si variés, certains observateurs suggèrent qu’une harmonisation régionale pourrait stabiliser le marché. Une coordination via des instances comme la CEDEAO pourrait faciliter une approche cohérente, favoriser le respect des règles et réduire l’exil des joueurs vers des plateformes offshore.

Cependant, la mise en place d’un tel cadre requiert un consensus politique et une coopération fiscale qui n’existent pas encore pleinement dans la région.

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