Au Liberia, un sénateur alerte sur l’usage controversé du siège de la télévision publique par une société de jeux. Ainsi, l’affaire relance le débat sur la gouvernance du secteur des jeux et sur les relations entre opérateurs privés et institutions publiques.
Controverses autour des jeux au Liberia
La Liberia Broadcasting System (LBS), principal groupe audiovisuel public du pays, se trouve au centre d’une controverse. Le sénateur Edwin Melvin Snowe, élu du comté de Bomi, demande l’ouverture d’une enquête parlementaire. Selon lui, une société privée de jeux, Blue Star Hi Tech Liberia, exploite des espaces situés dans le bâtiment de la télévision publique.
Une affaire qui interroge la gouvernance du secteur des jeux
Le sénateur Snowe qualifie la situation de « moralement troublante ». Il affirme avoir reçu des photographies confirmant l’usage d’espaces financés par les contribuables par un opérateur de gambling. De plus, une telle proximité entre un média public et une entreprise commerciale met en cause la crédibilité de l’institution. En effet, comment garantir l’indépendance éditoriale d’un diffuseur national lorsque des activités sensibles se déroulent dans son périmètre ?
Au-delà de cet épisode, l’affaire pose une question essentielle : comment gérer les infrastructures publiques dans l’intérêt général ? LBS assure une mission publique d’information et d’éducation. Or, l’exploitation de ses locaux par un acteur privé introduit des conflits d’intérêts et des risques d’ingérence.
Entre intérêts privés et institutions publiques
Le secteur médiatique libérien affronte déjà des pressions politiques et un manque chronique de financement. Dans ce contexte, l’affaire nourrit le débat sur la transparence, la gestion des biens publics et la séparation entre missions publiques et intérêts privés.
Le Sénat examine la requête du sénateur Snowe. Si une enquête est ouverte, elle devra déterminer les responsabilités, établir la nature de l’accord entre LBS et Blue Star Hi Tech Liberia et vérifier l’existence d’éventuelles violations légales.
Pour de nombreux observateurs, ce dossier illustre une dérive plus large : l’usage de ressources publiques comme instruments de rente privée dans un secteur sensible comme celui des jeux, déjà controversé en Afrique de l’Ouest.