Le Chine Afrique déséquilibre commercial atteint un niveau inédit. En 2025, Pékin vend presque deux fois plus au continent qu’elle ne lui achète. Le modèle repose sur des flux de matières premières d’un côté et des biens manufacturés de l’autre. L’écart interroge la souveraineté industrielle et les chaînes de valeur africaines. Par ailleurs, cette asymétrie confirme une tendance de long terme. La Chine reste depuis plus de quinze ans le principal partenaire commercial de l’Afrique. Cependant, les flux restent profondément déséquilibrés.
Facteurs à l’origine du déséquilibre
Hausse des exportations chinoises
La progression des ventes chinoises vers l’Afrique en 2025 a été plus rapide que celle des achats africains. Les exportations ont augmenté de 25,8 % en un an. Les importations africaines n’ont progressé que de 5,4 %. En conséquence, l’écart commercial s’élargit. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte global où Pékin diversifie ses débouchés face aux mesures protectionnistes de certains marchés occidentaux. De plus, la croissance des exports vers l’Afrique dépasse celle vers l’Union européenne (+8,4 %) et l’ASEAN (+13,4 %).
Composition des échanges
Les échanges suivent une logique claire. L’Afrique exporte vers la Chine du pétrole brut, du cuivre, du cobalt et d’autres minerais. En retour, elle importe des biens manufacturés, notamment des machines industrielles, des équipements électroniques, des matériaux de construction et des technologies liées à l’énergie.
Ainsi, la division internationale du travail se maintient. L’Afrique fournit les ressources. La Chine transforme et revend des produits finis.
Enjeux économiques pour les pays africains
Pression sur les industries locales
Les exportations chinoises de biens manufacturés posent un défi aux industries africaines naissantes. La compétitivité prix des produits chinois rend difficile l’émergence de secteurs manufacturiers locaux. Par conséquent, certains décideurs craignent une dépendance industrielle durable et un frein à la diversification économique.
Stratégies commerciales et réponses politiques
Face au Chine Afrique déséquilibre commercial, plusieurs pistes sont évoquées. Certaines consistent à utiliser des politiques antidumping ou des barrières tarifaires sélectives. D’autres privilégient le renforcement des chaînes de valeur régionales ou la transformation locale des matières premières. Enfin, l’intégration commerciale entre pays africains pourrait réduire la dépendance externe. Parallèlement, Pékin étend des préférences tarifaires duty free à de nombreux pays africains. Si elles se concrétisent, ces mesures pourraient réduire légèrement l’écart.
Contexte géopolitique plus large
Le redéploiement du commerce mondial influence la relation sino-africaine. Les tensions entre grandes puissances, notamment entre la Chine et les États-Unis, poussent Pékin vers les marchés émergents. Ainsi, l’Afrique gagne en importance dans la stratégie chinoise. Toutefois, cette dynamique soulève des questions sur le modèle de croissance africain. L’industrialisation locale et la création de valeur ajoutée restent au centre du débat.
Une relation commerciale en transformation
Les données 2025 confirment un Chine Afrique déséquilibre commercial orienté vers les exportations chinoises. Le différentiel commercial n’explique pas tout. Les infrastructures, les paiements transfrontaliers, les monnaies, les investissements directs et les chaînes logistiques redéfinissent la relation sino-africaine au-delà des simples flux de biens. L’enjeu porte désormais sur la souveraineté industrielle et la capacité à capter davantage de valeur sur le continent.