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Paris sportifs illégaux Bénin : l’offensive du régulateur

Les paris sportifs illégaux Bénin sont devenus un enjeu majeur pour le régulateur et les acteurs du marché. La Loterie Nationale du Bénin (LNB) indique avoir identifié, au troisième trimestre 2025, plus de dix sites illégaux de prise de paris, ensuite signalés à la Cellule de Supervision du Secteur des Jeux (CSJ).

La lutte contre les paris sportifs illégaux Bénin dépasse désormais la simple fermeture de sites internet. Elle concerne aussi la fiscalité, la protection des joueurs, la lutte contre le blanchiment et les infrastructures de paiement permettant aux plateformes de recevoir les dépôts et de verser les gains.

Pour les autorités, l’enjeu est double : renforcer le contrôle des opérateurs non autorisés tout en maintenant un marché légal suffisamment attractif pour conserver les joueurs dans l’écosystème réglementé.

Plus de dix plateformes illégales identifiées

L’information apparaît dans les résultats financiers 2025 de la LNB.

L’entreprise explique avoir développé une stratégie de veille concurrentielle qui lui a permis d’identifier plus de dix sites illégaux de paris au troisième trimestre 2025. Les informations ont ensuite été transmises à la CSJ.

La LNB va plus loin : elle considère la concurrence des plateformes illégales comme l’un des facteurs ayant contribué au recul de ses ventes et de son résultat net en 2025. Elle anticipe une amélioration en 2026, notamment grâce à l’action de la CSJ pour assainir le marché.

Le sujet devient donc économique.

Un opérateur qui échappe au cadre réglementaire peut potentiellement proposer des conditions différentes de celles imposées aux entreprises agréées, tout en échappant à certaines obligations fiscales et réglementaires.

Le Bénin construit progressivement son arsenal réglementaire

La réponse béninoise s’inscrit dans une réforme plus large engagée en 2023.

Le gouvernement a créé la Cellule de Supervision du Secteur des Jeux afin de disposer d’un organe chargé de superviser et de contrôler le marché.

La réforme repose notamment sur trois piliers : la création du régulateur, la mise en service d’une plateforme de contrôle et de supervision des jeux en ligne et une redéfinition des conditions d’exercice destinée, entre autres, à améliorer l’attractivité du marché légal.

Ce dernier élément est particulièrement important.

La stratégie béninoise ne consiste donc pas uniquement à renforcer les contrôles. Elle reconnaît implicitement qu’un marché légal doit également rester suffisamment attractif pour concurrencer l’offre illégale.

Bloquer les sites ne règle qu’une partie du problème

La CSJ indique travailler à la détection et à la fermeture des plateformes illégales. Son site officiel publie d’ailleurs une liste des sites suspendus.

Mais le blocage d’un site internet ne suffit pas nécessairement à faire disparaître un opérateur numérique.

Une plateforme peut changer de domaine, utiliser des sites miroirs ou développer de nouveaux canaux d’acquisition.

La question réglementaire devient alors beaucoup plus complexe : comment empêcher un opérateur non autorisé d’accéder aux joueurs et surtout aux moyens de paiement locaux ?

C’est précisément à ce niveau que le sujet rejoint la fintech.

Les paiements, prochain terrain de la lutte contre les paris illégaux ?

Pour fonctionner, une plateforme de paris doit être capable de recevoir de l’argent et de payer les gains.

Dans un marché africain fortement numérisé, cela peut faire intervenir différents intermédiaires : opérateurs de mobile money, banques, prestataires de services de paiement ou agrégateurs.

Pour le régulateur, surveiller uniquement le site internet ne permet donc de contrôler qu’une partie de la chaîne.

Les flux financiers peuvent devenir un second point de contrôle.

Il faut toutefois rester prudent : les sources consultées ne permettent pas d’établir quels moyens de paiement sont effectivement utilisés par les plateformes illégales identifiées au Bénin.

Cette question mérite justement d’être examinée.

Une question de fiscalité et de concurrence

La prolifération des plateformes illégales pose également un problème de concurrence.

Un opérateur agréé doit supporter les coûts liés à sa licence, à la fiscalité, aux dispositifs de conformité et aux exigences du régulateur.

Un opérateur non autorisé peut échapper à tout ou partie de ces contraintes.

Plus le différentiel devient important, plus le marché légal risque de perdre en compétitivité.

Cette problématique rejoint directement celle étudiée dans notre série consacrée à la fiscalité des paris sportifs en Afrique : augmenter les obligations pesant sur les opérateurs conformes n’est efficace que si les autorités sont parallèlement capables de limiter l’accès aux offres non réglementées.

Le marché illégal représente aussi un risque pour les joueurs

Pour les autorités béninoises, l’enjeu ne se limite pas aux recettes fiscales.

La CSJ cite parmi les risques liés au développement du secteur le jeu des mineurs, l’addiction, l’évasion fiscale, le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Elle souligne également le problème posé par les opérateurs non autorisés et non contrôlés.

Sur une plateforme réglementée, le joueur dispose théoriquement d’un cadre juridique et d’un interlocuteur identifiable en cas de litige.

Sur un site offshore non autorisé, les possibilités de recours peuvent être beaucoup plus limitées.

La lutte contre le marché illégal devient ainsi autant une question de protection des consommateurs que de fiscalité.

Le véritable enjeu : maintenir les joueurs dans le marché réglementé

Le cas béninois illustre finalement un problème auquel sont confrontés de nombreux régulateurs africains.

Créer des licences et imposer des taxes ne suffit pas.

Il faut également faire en sorte que le marché réglementé reste compétitif face aux plateformes accessibles depuis l’étranger.

Le Bénin semble avoir intégré cette dimension dans sa réforme puisque le gouvernement associe explicitement renforcement de la surveillance et amélioration de l’attractivité du secteur légal.

C’est probablement là que se jouera l’efficacité du dispositif.

Conclusion : du blocage des sites au contrôle de l’écosystème

L’offensive du Bénin contre les sites de paris illégaux marque une nouvelle étape dans la structuration du marché national des jeux d’argent.

L’identification de plus de dix plateformes illégales montre que la concurrence entre marché réglementé et marché parallèle n’est plus une question théorique. La LNB lui attribue déjà une partie de ses difficultés commerciales observées en 2025.

Mais la fermeture des sites ne constitue qu’un volet de la réponse.

À mesure que les paris deviennent numériques, la régulation devra probablement regarder l’ensemble de la chaîne : opérateurs, hébergement, acquisition des joueurs, identité numérique et surtout paiements.

Pour le Bénin comme pour les autres marchés africains, la prochaine bataille réglementaire pourrait donc se jouer autant sur les rails financiers que sur les plateformes de paris elles-mêmes.

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