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Dette souveraine du Cameroun : indicateurs au rouge et risque financier

Les indicateurs économiques du Cameroun se détériorent et la dette Cameroun devient une préoccupation croissante. La combinaison dette/PIB, déficit budgétaire et faiblesse des recettes fiscales alimente un risque macro-financier dans la région CEMAC.

Un signal macro-financier inquiétant

Le Cameroun fait face à un ralentissement de la croissance. Par ailleurs, le service de la dette augmente. Cette combinaison alimente un risque macro-financier. Enfin, les recettes fiscales restent limitées par la structure de l’économie, tandis que les importations d’équipements pèsent sur les comptes extérieurs.

Ainsi, plusieurs agences internationales évoquent une entrée progressive dans une zone rouge économique, marquée par un endettement croissant et une capacité limitée à mobiliser des ressources additionnelles.

Dette Cameroun et soutenabilité financière

La dette Cameroun est alimentée par les financements extérieurs et les investissements infrastructurels, dans un contexte international de resserrement monétaire. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte mondial de hausse des taux d’intérêt et de resserrement des conditions financières, ce qui renchérit le coût du service de la dette.

La soutenabilité de la dette devient centrale. Le pays doit arbitrer entre dépenses sociales et militaires. La croissance additionnelle reste insuffisante.

Institutions, agences et contraintes régionales

Le Cameroun évolue au sein de la CEMAC et de la zone franc CFA, sous l’influence monétaire de la BEAC. Ce cadre impose une discipline monétaire stricte, ce qui limite les marges d’ajustement via la création monétaire ou la dévaluation.

Les agences de notation (Moody’s, Fitch, S&P) ont à plusieurs reprises signalé une dégradation du risque lié à la dynamique d’endettement et à la capacité de refinancement, tandis que le FMI et la Banque africaine de développement insistent sur la nécessité d’une consolidation fiscale.

Arbitrages budgétaires et trajectoires macro

Une partie de l’endettement public camerounais est liée au financement d’infrastructures stratégiques. Ces choix peuvent générer des rendements futurs, mais la période d’amortissement est longue et la contrainte budgétaire immédiate. Les importations massives d’équipements, combinées à une faible montée en gamme industrielle, pèsent sur la balance commerciale.

Le modèle de croissance reste dépendant de secteurs primaires (hydrocarbures, bois, agriculture) et vulnérable aux chocs extérieurs.

Scénarios macro 2025–2027

Trois trajectoires sont discutées par les institutions financières : un ajustement budgétaire contrôlé (scénario central), un recours accru aux financements multilatéraux (scénario d’appui) ou un risque de restructuration partielle si les pressions sur le déficit et le service de la dette persistent.

Le risque majeur concerne la capacité du Cameroun à financer simultanément sa dette, ses investissements publics et ses dépenses sociales dans un environnement macro-économique global défavorable.

Le Cameroun entre dans une période de vulnérabilité macro-financière, marquée par une dette souveraine en hausse, des indicateurs au rouge et une souveraineté budgétaire limitée par le cadre régional et institutionnel. La question centrale n’est pas uniquement le volume de dette, mais la capacité du pays à générer une croissance durable et à absorber les chocs externes tout en préservant sa marge de manœuvre économique.

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