NjiaPay Afrique : la fintech NjiaPay a annoncé le 9 mars 2026 une levée de fonds seed de 2,1 millions de dollars, menée par le fonds européen Newion. Créée fin 2024, la startup développe une infrastructure permettant aux entreprises d’optimiser leurs paiements numériques dans un écosystème africain fragmenté, où les entreprises doivent souvent gérer plusieurs prestataires de paiement.
Une levée de fonds pour accélérer l’expansion
Avec ce financement de 2,1 millions de dollars, NjiaPay entend accélérer le développement de sa plateforme et étendre sa présence sur les marchés africains.
Le tour de table a été mené par Newion, un fonds européen spécialisé dans les entreprises B2B SaaS. La levée de fonds a été décrite comme sursouscrite, signe de l’intérêt croissant des investisseurs pour les infrastructures de paiement destinées aux marchés africains.
Ces capitaux devraient permettre à l’entreprise de renforcer ses équipes techniques, d’améliorer ses outils d’analyse de paiement et de poursuivre son expansion commerciale.
Une fintech née de l’écosystème Talk360
NjiaPay a été fondée fin 2024 comme spin-out de Talk360, une application d’appels internationaux qui cible notamment les marchés africains.
L’expérience de Talk360 dans les paiements numériques a permis d’identifier un problème récurrent pour les entreprises opérant en Afrique: la complexité du paysage des prestataires de paiement.
Entre mobile money, passerelles de paiement, banques et opérateurs télécoms, les entreprises doivent souvent intégrer plusieurs systèmes pour accepter des paiements sur différents marchés.
Un marché des paiements encore fragmenté
Le continent africain possède l’un des écosystèmes de paiement les plus fragmentés au monde. Les entreprises doivent souvent connecter plusieurs Payment Service Providers (PSP) afin d’accepter les paiements locaux.
Chaque pays possède ses propres infrastructures, opérateurs mobiles et systèmes de paiement. Cette fragmentation peut entraîner des problèmes techniques, des taux d’échec de transaction élevés ou des coûts opérationnels importants.
NjiaPay propose une plateforme permettant aux entreprises de gérer plusieurs prestataires de paiement à partir d’une seule interface et d’optimiser les performances des transactions.
Une infrastructure pour les entreprises opérant sur plusieurs marchés
Pour de nombreuses entreprises internationales, accepter des paiements en Afrique implique de connecter plusieurs systèmes différents. Les méthodes de paiement varient selon les pays et incluent souvent le mobile money, les cartes bancaires ou des passerelles de paiement locales.
Cette fragmentation peut entraîner des difficultés techniques et des taux d’échec de transaction plus élevés. Les entreprises doivent également gérer plusieurs contrats avec différents prestataires de paiement.
Les solutions d’orchestration de paiements comme celle développée par NjiaPay cherchent à résoudre ce problème en centralisant la gestion de plusieurs prestataires de paiement sur une seule plateforme. L’objectif est d’améliorer la performance des transactions et de réduire les frictions dans l’expérience utilisateur.
Des clients internationaux déjà présents
La startup indique avoir déjà attiré plusieurs clients, notamment des entreprises en forte croissance et des franchises internationales.
Parmi les utilisateurs de la plateforme figurent par exemple Talk360, Anytime Fitness ou encore Melon Mobile.
Ces entreprises utilisent la solution pour améliorer le taux de réussite des paiements et gérer plus efficacement leurs différents prestataires.
Un segment stratégique de la fintech africaine
Le positionnement de NjiaPay s’inscrit dans une tendance plus large dans la fintech africaine: le développement d’infrastructures destinées aux entreprises plutôt qu’aux consommateurs.
Ces plateformes cherchent à simplifier l’intégration des paiements dans des environnements où les méthodes de paiement sont multiples et souvent incompatibles entre elles.
À mesure que le commerce numérique se développe sur le continent, les solutions capables d’orchestrer plusieurs systèmes de paiement pourraient devenir des composants clés de l’infrastructure financière africaine.
Pour les entreprises opérant sur plusieurs marchés africains, la capacité à gérer efficacement les paiements devient un enjeu stratégique. Et c’est précisément sur ce terrain que les nouvelles fintech d’infrastructure cherchent aujourd’hui à se positionner.