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Publicités jeux d’argent Afrique : Google impose des restrictions

Google bloque désormais les publicités de jeux d’argent en Afrique pour les offres hors ligne. La mesure cible sept pays où le marché du gaming repose encore sur des réseaux physiques de paris et de casinos. Ainsi, les plateformes publicitaires deviennent un nouvel instrument de régulation indirecte.

Google ajoute l’Algérie, Djibouti, l’Égypte, la Libye, le Maroc, le Soudan et la Tunisie à sa liste de juridictions restreintes. Dans ces pays, les publicités liées aux casinos, loteries et paris en point de vente sont désormais interdites. Cette mise à jour, s’inscrit dans la politique mondiale de Google Ads. Elle marque, par ailleurs, un tournant dans la manière dont les plateformes technologiques encadrent la publicité du secteur du jeu dans la région MENA.

Une région jugée « à haut risque » par Google

Google ne fournit pas de justification détaillée. Cependant, plusieurs signaux convergent. L’entreprise applique plus strictement ses règles dans les zones où le cadre légal sur les jeux d’argent reste opaque, restrictif ou insuffisamment harmonisé.

Dans certains pays concernés, les jeux d’argent sont fortement limités ou interdits. Dans d’autres, les autorités luttent contre les réseaux informels de paris, des casinos clandestins et certaines formes de paris sportifs jugées illégales. En bloquant les publicités liées aux activités offline, Google réduit son exposition à des activités potentiellement non conformes aux législations locales.

Une décision aux effets multiples

Les principaux perdants sont les opérateurs privés (loteries, casinos, points de paris). Ils utilisaient Google Ads pour attirer une clientèle locale ou touristique. De plus, l’interdiction concerne uniquement les jeux d’argent physiques. Ce point est notable, car il n’inclut pas systématiquement les paris en ligne, même si ceux-ci restent encadrés à des régimes spécifiques.

Pour les régulateurs nationaux, la décision constitue un appui indirect à leurs efforts de contrôle. Elle renforce, de fait, les restrictions existantes. Ainsi, elle limite la visibilité des opérateurs non agréés dans des marchés où le secteur informel représente une large part importante de l’activité réelle.

Google, nouvel acteur de facto de la gouvernance numérique des jeux

Le mouvement confirme une tendance plus large. Les plateformes technologiques deviennent des acteurs centraux dans la régulation des paris et du gaming en Afrique.

En conditionnant l’accès à la publicité numérique, Google exerce un contrôle parallèle. Ce contrôle ne dépend ni des législateurs ni des régulateurs nationaux. Or, ce pouvoir devient particulièrement visible dans les marchés où la transition numérique des jeux d’argent est limitée et où les autorités manquent de moyens technologiques.

Dès lors, une question centrale se pose pour les États africains : jusqu’où les décisions privées d’acteurs mondiaux doivent-elles peser dans la définition des règles locales ?

Des conséquences à suivre dans un secteur en pleine transformation

L’interdiction pourrait accélérer deux dynamiques déjà perceptibles :

  1. un déplacement des opérateurs vers des stratégies de communication plus informelles (réseaux sociaux non officiels, influenceurs, messagerie privée) ;

  2. une pression accrue sur les régulateurs nationaux pour clarifier les lois encadrant les jeux d’argent.

Elle intervient dans un contexte mondial où les plateformes réduisent leur exposition aux contenus « sensibles », notamment liés au gambling, aux cryptomonnaies ou aux produits financiers à haut risque.

Pour l’Afrique du Nord et la région MENA, la décision de Google envoie un signal fort. La bataille pour la régulation des jeux ne se joue plus uniquement dans les parlements ou les agences publiques. Elle se déplace également dans les politiques internes des acteurs technologiques.

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