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Afrique : la fin de la tolérance pour les failles KYC/AML dans la fintech

Une nouvelle étude intitulée Fintech Regulatory Compliance Challenges in Africa tire la sonnette d’alarme : les régulateurs africains durcissent leurs exigences en matière de conformité, notamment sur les procédures Know Your Customer (KYC) et Anti-Money Laundering (AML). Le temps des approches souples semble révolu, marquant un tournant pour les fintech du continent.

Une régulation qui s’affirme

L’étude montre que la plupart des autorités de supervision en Afrique – qu’il s’agisse des banques centrales, des autorités monétaires ou des régulateurs de marché – renforcent désormais leur vigilance sur la conformité.
Les fintech, longtemps perçues comme des catalyseurs d’inclusion financière, sont aujourd’hui considérées comme des maillons critiques de la chaîne financière, au même titre que les banques ou les opérateurs de transfert d’argent.

Les régulateurs insistent sur un message clair : aucune innovation ne peut se développer durablement sans un cadre robuste de conformité.

Le KYC au cœur des transformations

Les exigences Know Your Customer évoluent rapidement.
Les régulateurs imposent désormais :

  • des procédures d’identification numérique plus fiables,
  • la vérification systématique des sources de revenus,
  • et la mise à jour continue des profils clients (ongoing due diligence).

Dans plusieurs pays, les autorités n’hésitent plus à suspendre les licences d’opérateurs jugés trop laxistes sur la vérification d’identité, notamment dans le mobile money et les services de transfert transfrontalier.

L’AML comme pilier de la confiance internationale

Sur le volet Anti-Money Laundering, l’étude souligne la pression croissante exercée par les partenaires internationaux, notamment le Groupe d’action financière (GAFI) et les institutions régionales.
Les États africains doivent démontrer qu’ils sont capables de détecter et signaler efficacement les flux suspects, afin d’éviter d’être classés sur des listes à risque.

Les fintech, souvent peu préparées à ces exigences techniques, se trouvent confrontées à un double défi : intégrer des mécanismes sophistiqués de conformité tout en maintenant l’agilité de leurs opérations.

Vers une ère de maturité réglementaire

Cette montée en exigence traduit une phase de maturité du secteur fintech africain.
Les régulateurs ne cherchent plus à simplement encadrer, mais à assainir et crédibiliser un écosystème en pleine expansion.
Des pays comme le Nigeria, le Kenya, l’Afrique du Sud ou le Maroc figurent parmi les plus avancés, avec la création d’unités dédiées à la surveillance des activités numériques et la publication de directives spécifiques pour les prestataires de services virtuels.

Une opportunité pour les acteurs responsables

Si ces évolutions peuvent freiner certains modèles économiques, elles constituent aussi une opportunité : les fintech capables de démontrer une conformité solide gagneront la confiance des partenaires, investisseurs et autorités.

La période de tolérance est terminée.
Désormais, la crédibilité passera par la conformité, et les champions africains de demain seront ceux qui sauront allier innovation et intégrité réglementaire.

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