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Kenya : une partie des mises de paris sera désormais reversée aux fonds sociaux

Le paysage des paris au Kenya s’apprête à connaître un tournant inédit. Selon les nouvelles dispositions du Gambling Control Act 2025, une partie de chaque mise effectuée sur les plateformes de paris sera désormais prélevée au profit du Social Health Insurance Fund (SHIF) — le fonds national d’assurance santé — ainsi que des caisses de retraite publiques.

Cette réforme, présentée par le gouvernement comme une mesure de solidarité nationale, vise à rediriger une partie des revenus du jeu vers des objectifs sociaux. Mais elle soulève déjà des interrogations parmi les opérateurs du secteur et les joueurs.

Un prélèvement direct sur les mises, pas sur les gains

Contrairement à l’ancienne fiscalité, qui ciblait principalement les gains des parieurs, le nouveau mécanisme introduit une retenue automatique sur la mise initiale. Autrement dit, avant même qu’un joueur ne parie, une fraction de sa mise sera prélevée pour financer les fonds publics de santé et de retraite.

Les autorités affirment que cette mesure permettra de mobiliser des ressources additionnelles pour des programmes essentiels, tout en responsabilisant les joueurs dans un secteur souvent critiqué pour ses effets sociaux négatifs.

Des paris plus coûteux et un secteur sous pression

Pour les opérateurs, cette décision risque d’alourdir les coûts et de réduire la participation des parieurs, déjà affectés par la multiplication des taxes ces dernières années.

« Le risque est de pousser une partie des joueurs vers des plateformes illégales ou offshore, moins régulées mais plus attractives », souligne un analyste du secteur des jeux au Kenya.

La mesure s’inscrit dans un contexte où le gouvernement kényan tente de moraliser et de canaliser les revenus du pari vers des causes d’intérêt général, tout en réduisant la dépendance des jeunes à cette activité devenue un véritable phénomène social.

Entre inclusion sociale et régulation stricte

Le Gambling Control Act 2025 fait partie d’un ensemble de réformes plus larges visant à renforcer la gouvernance du secteur des jeux :

  • nouvelles licences conditionnées à des critères de conformité stricte ;
  • obligations accrues en matière de transparence financière ;
  • interdiction de certaines publicités ciblant les mineurs et les publics vulnérables.

Ces réformes traduisent la volonté du Kenya de transformer une économie du jeu souvent perçue comme spéculative en un levier de financement social et de développement durable.

Un modèle observé de près en Afrique

Avec cette décision, le Kenya se place une nouvelle fois à l’avant-garde des politiques africaines de régulation des jeux. D’autres pays pourraient s’en inspirer pour mieux encadrer un marché en plein essor, souvent dominé par des opérateurs privés internationaux.

Mais la question demeure : jusqu’où peut-on taxer le pari sans étouffer le secteur ?
Une équation délicate que le gouvernement kényan devra résoudre s’il veut concilier éthique, inclusion sociale et attractivité économique.

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