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Le rôle croissant des prestataires européens dans la régulation numérique des jeux et paris en Afrique de l’Ouest : le cas Sharp Vision

La digitalisation des jeux et paris en Afrique de l’Ouest s’accompagne d’une augmentation significative des volumes de transactions, de l’essor des paris en ligne et de l’apparition de plateformes non autorisées. Face à ces évolutions, plusieurs États ont mis en place des dispositifs technologiques destinés à améliorer la supervision des flux, la collecte fiscale et la lutte contre les opérations illégales. 

Dans ce contexte, des prestataires technologiques européens interviennent auprès d’autorités publiques ou de structures nationales afin de fournir des outils de supervision numérique

Une régulation adaptée à la croissance du secteur numérique

Les régulateurs doivent désormais traiter des données issues de points de vente physiques, d’applications mobiles, de plateformes en ligne et de systèmes de paiement numériques. Les plateformes technologiques déployées permettent notamment la collecte centralisée des données de paris, la visualisation de l’activité en temps réel, la détection d’anomalies et l’intégration des flux financiers pour le calcul des taxes. 

Ces dispositifs s’inscrivent dans un processus plus large de modernisation de la régulation du secteur des jeux et paris.

Prestataires européens et dispositifs technologiques

Plusieurs entreprises européennes développent des solutions logicielles dédiées à la supervision des jeux et paris. Leurs activités couvrent l’agrégation de données, la surveillance des plateformes non autorisées, l’intégration avec les opérateurs de paiement et la mise en place d’outils de suivi de l’activité de jeu. 

Ces acteurs interviennent dans différents pays d’Afrique de l’Ouest selon les partenariats conclus avec des institutions publiques ou des entreprises locales. 

Objectifs et enjeux associés aux dispositifs de supervision numérique

Les dispositifs technologiques adoptés par certains États visent principalement à améliorer la collecte fiscale par la consolidation des flux, à assurer le suivi des opérations de paris sur plusieurs canaux et à identifier les plateformes non autorisées. Ils peuvent également intégrer des fonctionnalités liées au jeu responsable, telles que le contrôle de l’âge ou les limites de mise, conformément à certains cadres réglementaires nationaux. 

Parallèlement à ces objectifs, les débats publics soulèvent des enjeux liés à la gouvernance de ces dispositifs, notamment en matière d’hébergement des données, d’attribution des contrats technologiques, de gestion des infrastructures par des opérateurs externes et de capacité des autorités à auditer de manière indépendante les plateformes déployées. 

Cas Sharp Vision : illustration d’un modèle de supervision externalisée

Sharp Vision est une entreprise française fondée en 2022 par Cyril Casanova, spécialisée dans le développement de solutions logicielles destinées à la supervision numérique des jeux et paris. Le fondateur est le frère de Christophe Casanova, entrepreneur reconnu dans les secteurs de la technologie et du gaming, un élément régulièrement mentionné dans les portraits consacrés à l’écosystème entrepreneurial français. 

Des outils au cœur de l’infrastructure de supervision 

Selon les informations publiées par l’entreprise, ses solutions comprennent un système centralisé de collecte des données de paris, des tableaux de bord offrant une visibilité en temps réel sur les volumes de mises et de gains, ainsi que des modules dédiés à l’identification des sites non autorisés. 

Ces dispositifs incluent également des interfaces d’intégration des paiements reliant opérateurs, systèmes bancaires et autorités compétentes. 

Un périmètre d’intervention déclaré dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest 

Sharp Vision indique opérer au Sénégal, au Bénin, en Guinée Conakry et au Mali. Cette présence s’inscrit dans une dynamique régionale plus large de recours à des prestataires spécialisés pour la mise en place de systèmes numériques de supervision. 

L’entreprise indique également travailler avec des acteurs locaux à travers des partenariats techniques. Au Sénégal, l’un de ces partenariats concerne la société Afitech, dans le cadre d’un accord technique entre les deux entreprises, tel qu’expliqué lors d’un échange avec un représentant de Sharp Vision. Afriqash a contacté Afitech afin de mieux comprendre la nature de ses services, sans avoir obtenu de réponse à ce stade. 

Une visibilité croissante dans l’écosystème RegTech/GovTech 

Sharp Vision participe régulièrement à des événements professionnels liés aux technologies publiques et à la régulation, notamment lors de salons tels qu’Ambition Africa ou France Digitale Day. Selon la presse française, l’entreprise a reçu une distinction lors de l’édition 2025 du France Digitale Day et a été invitée la même année à une réception officielle à l’Élysée.  

Une tendance régionale en structuration

La digitalisation des jeux et paris en Afrique de l’Ouest s’accompagne d’un recours croissant à des prestataires spécialisés. Cette dynamique s’observe dans plusieurs pays, où les autorités cherchent à moderniser la supervision du secteur, à encadrer les plateformes en ligne et à améliorer les performances fiscales. Les discussions portent principalement sur les aspects techniques, contractuels et institutionnels de ces dispositifs. 

Conclusion 

L’évolution du marché des jeux et paris en Afrique de l’Ouest a conduit à l’adoption de technologies de supervision et à l’intervention d’entreprises européennes spécialisées dans ce domaine. Le cas de Sharp Vision illustre l’un des modèles présents dans cet écosystème.
Les éléments présentés dans cette enquête reposent sur des sources publiques et mettent en lumière les usages et les débats liés à l’intégration de solutions numériques dans la régulation sectorielle. 

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