Le Ghana vient de franchir une étape décisive dans la construction de son écosystème financier numérique. La Bank of Ghana, en collaboration avec plusieurs autorités de régulation financière, a présenté un nouveau cadre politique complet pour encadrer les actifs virtuels et les prestataires de services liés (Virtual Asset Service Providers, ou VASP).
Cette initiative marque un tournant stratégique pour le pays, qui s’impose désormais comme l’un des pionniers africains en matière de régulation proactive des crypto-actifs. Le texte introduit un ensemble de règles visant à assurer plus de transparence, de sécurité et de conformité dans un secteur souvent perçu comme à haut risque, tout en encourageant l’innovation locale dans la fintech et la blockchain.
Un cadre pour renforcer la confiance
Le document précise les obligations de déclaration, les procédures de connaissance client (KYC), et les standards de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme (AML/CFT). L’objectif est clair : bâtir un environnement où les utilisateurs, les investisseurs et les entreprises peuvent interagir dans un climat de confiance et de responsabilité.
Un signal fort pour la fintech africaine
En se dotant d’une feuille de route aussi complète, le Ghana se positionne comme un modèle de gouvernance financière numérique sur le continent, à l’heure où plusieurs pays de la CEDEAO — dont le Nigeria et la Côte d’Ivoire — peinent encore à établir des règles claires pour les crypto-actifs.
Entre innovation et souveraineté financière
Au-delà de la régulation, cette démarche illustre une volonté plus large : celle d’affirmer la souveraineté financière du Ghana à l’ère du numérique, en anticipant les risques systémiques liés à l’adoption rapide des monnaies virtuelles.
Pour les acteurs de la fintech africaine, ce cadre représente une opportunité : celle d’opérer dans un marché régulé, où la protection des consommateurs et la stabilité financière vont de pair avec l’innovation technologique.