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Kenya : La nouvelle loi fiscale sur les jeux en ligne divise entre soulagement et prudence

Nairobi – Le Finance Act 2025 marque un nouveau tournant dans la fiscalité du secteur des jeux et paris en ligne au Kenya. Adoptée en juillet, la réforme introduit une taxe de 5 % sur chaque retrait effectué depuis un portefeuille de pari, en remplacement de l’ancienne taxe de 20 % sur les gains nets. Parallèlement, une taxe d’accise de 5 % sur les dépôts a été instaurée, contre 15 % auparavant.

Une mesure saluée… avec réserve

Pour de nombreux observateurs, cette révision constitue une bouffée d’oxygène pour les acteurs de l’industrie, longtemps accablés par une fiscalité jugée excessive. Les juristes et associations professionnelles estiment que cette nouvelle approche pourrait favoriser la conformité et accroître les recettes publiques, à condition que les mécanismes de contrôle soient réellement appliqués.

« Le gouvernement semble vouloir trouver un équilibre entre recettes fiscales et viabilité du secteur. Mais sans cadre de régulation solide, la mesure pourrait manquer sa cible », explique un avocat spécialisé en droit fiscal à Nairobi.

Un secteur sous surveillance

L’industrie du iGaming kenyane, en pleine expansion depuis la pandémie, reste un sujet sensible pour les régulateurs. La croissance rapide des plateformes de paris mobiles a suscité des inquiétudes quant à l’addiction des jeunes, la transparence des flux financiers et la protection des données.

Le gouvernement a promis de renforcer la coopération entre l’Autorité des jeux du Kenya (Betting Control and Licensing Board – BCLB) et la nouvelle Gambling Regulatory Authority (GRA), créée récemment pour encadrer plus strictement le secteur.

Entre inclusion numérique et risques sociaux

Si le Kenya cherche à faire du numérique un levier économique, cette évolution fiscale illustre les tensions persistantes entre innovation, fiscalité et responsabilité sociale. Les acteurs du marché espèrent désormais que la baisse des taux encouragera une formalisation accrue et une meilleure collaboration entre opérateurs, régulateurs et autorités fiscales.

Mais pour les associations de défense des consommateurs, la vigilance reste de mise : « L’enjeu n’est pas seulement économique. Il s’agit aussi de garantir que les gains de l’État ne se fassent pas au détriment de la santé financière et psychologique des citoyens », prévient un représentant du Consumer Federation of Kenya (COFEK).

 

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