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Finance numérique : le FMI intègre enfin la révolution du mobile money dans ses indicateurs mondiaux

Le Fonds monétaire international (FMI) vient de publier les résultats de son Financial Access Survey 2025, un rapport de référence sur l’inclusion financière mondiale. Nouveauté majeure : pour la première fois, l’institution y inclut des indicateurs spécifiques à la monnaie électronique, aux portefeuilles mobiles et aux néo-banques — un tournant qui reflète l’importance croissante du digital dans les économies africaines.

Une reconnaissance tardive mais symbolique

L’édition 2025 du Financial Access Survey (FAS) marque une évolution attendue depuis plusieurs années : le FMI élargit enfin sa vision de l’accès financier au-delà du réseau bancaire traditionnel.
Les nouveaux indicateurs couvrent désormais :

  • les comptes de monnaie électronique,
  • les portefeuilles mobiles actifs,
  • les transactions et prêts via mobile money,
  • ainsi que les banques 100 % digitales (néo-banques).

Ce changement est d’autant plus significatif que, dans de nombreux pays africains, le mobile money est aujourd’hui le principal canal de services financiers, bien devant les agences bancaires.

L’Afrique en tête sur le mobile money

Selon les premiers résultats du rapport, l’Afrique subsaharienne concentre plus de 70 % des comptes de monnaie électronique recensés dans le monde.
Des pays comme le Kenya, le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Sénégal ou la Tanzanie figurent parmi les champions mondiaux du paiement mobile.

Cette dynamique confirme que l’innovation financière ne vient plus seulement des institutions bancaires, mais aussi des fintechs locales et des opérateurs télécoms, qui ont su adapter leurs modèles aux besoins réels des populations non bancarisées.

Vers de nouveaux indicateurs d’inclusion réelle

Le FMI explique que cette mise à jour vise à mieux mesurer la profondeur et la qualité de l’inclusion financière, dans un contexte où des millions d’utilisateurs accèdent à des services de paiement, d’épargne et de crédit via leur téléphone.

L’institution promet également de renforcer le suivi des :

  • prêts numériques accordés via mobile money,
  • écosystèmes d’interopérabilité (connexion entre banques, fintechs et opérateurs),
  • et flux transfrontaliers digitaux (en particulier les transferts de la diaspora).

Une avancée méthodologique qui pourrait enfin donner une image plus fidèle du poids réel du digital dans les économies africaines.

Un enjeu de souveraineté et de données

Cette évolution soulève néanmoins des questions cruciales.
Qui contrôle les données financières issues du mobile money ?
Comment garantir la transparence et la souveraineté des pays africains face à des institutions internationales qui fixent encore les standards mondiaux de mesure et de gouvernance ?

Pour plusieurs experts africains, l’intégration du mobile money dans les statistiques du FMI doit s’accompagner d’un dialogue équitable sur la manière dont ces données sont collectées, partagées et interprétées.

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